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 Silence... Ca tourne [Ein Langley]

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Marshmallow explosif
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Messages : 236
Date d'inscription : 28/12/2011
Age : 27
Compte principal : Ein Langley

Essences vitales
Âge: 24 ans
Rôle: Chevalier Inquisiteur

MessageSujet: Silence... Ca tourne [Ein Langley]   Mer 28 Déc - 13:54

Nom : Langley
Prénom : Ein
Surnom : Silence. Un surnom qu'on lui a attribué durant ses années d'errance.
Âge : 24 ans
On l'imagine souvent légèrement plus jeune, ses traits restant plus fins que la normale pour un guerrier.
Sexe : Femme, bien que très peu soient au courant. Aux yeux de tous, elle est homme, toutefois.
Race : Humain
Rang, emploi ou fonction : Chevalier Inquisiteur
Opinions politiques : Dévouée à son Ordre
Blason, couleurs, emblème : Le noir et la croix de l'Inquisition.
Le blason de sa famille était autrefois constitué de deux épées longues, lames tournées vers le ciel, et croisées sur fond blanc de neige. Mais il ne représente plus grand-chose à présent pour la jeune femme…

Physique :
Des yeux de biche, de longs cheveux tressés, un corps svelte et harmonieux paré de douces toilettes et de robes à volants… Que nenni. Ein Langley n'a jamais été une innocente et tendre jeune femme, tout du moins en son for intérieur. Si son corps ne peut mentir quant à sa condition féminine, Ein n'a jamais eu beaucoup de problème pour se faire unanimement accepter en tant qu'homme. Ainsi, jusqu'à présent, bien rares sont ceux qui ont eu la possibilité de lire à travers son voile, ou plutôt sa cote de maille, pour discerner sa véritable nature.
Si des biceps d'aciers ne forment pas les piliers de son anatomie, Ein n'en reste pas moins un guerrier féroce. Privilégiant l'habileté et la rapidité en combat, sa capacité de résistance à la douleur est pour le moins impressionnante. Celle-ci est d'ailleurs plus particulièrement question de force morale (d'acharnement, diraient certains) que de pure force physique. Pourtant ce ne sont pas non plus des bras faibles et maigrichons qui la constituent. Ses nombreuses années d'entraînement au sein de l'Ordre des Templiers lui ont forgé un corps musclé et résistant. Les cicatrices disséminées sur son corps en sont d'ailleurs une preuve évidente. Les plus révélatrices de son passé au sein de l'Ordre se trouvent d'ailleurs être les longues traces de griffes striant verticalement la totalité de son dos. D'une santé généralement de fer, Ein n'en est pas moins prises de quintes de toux, parfois, et ce de plus en plus régulièrement. N'y portant pas grande attention, la jeune femme laisse passer ces instants désagréables sans que cela n'influe véritablement sur son mode de vie.
Du haut de ses 1m 60, la jeune femme présente un visage aux traits bien dessinés, presque fins, sur lesquels se sont fortement estompés les airs poupins de sa tendre jeunesse. Ceux-ci, pourtant, s'obstinent à se réveiller dès lors que la jeune femme offre un visage souriant ou enjoué, deux petites fossettes venant appuyer ses expressions. La couleur noisette de ses yeux reflète celle de ses cheveux. Ces derniers s'établissent pêle-mêle, bruns et coupés courts, en une tignasse indomptable lâchant devant le visage de la jeune femme quelques mèches éparses.

Psychologie :
De sa plus tendre enfance, Ein se souvient du froid, de la neige, des montagnes. Des forêts qu'elle parcourait en véritable sauvageon, de ses fugues du château dirigé par le seigneur son père. Aujourd'hui encore, le couvert des arbres lui apporte réconfort et apaisement. Emmurée trop longuement dans les édifices humains, elle se sent dépérir doucement, s'assombrir, comme s'il lui manquait l'air dans ses poumons. Pourtant, la petite fille qu'elle était avait rapidement subi la discipline, la ferveur et le respect que son père s'échinait à lui enseigner. C'était un jeune soldat qu'il souhaitait, et ce fut un fils fort et digne qu'il forgea avec peine durant de nombreuses années. Ainsi inculqua-t-il à sa fille des notions d'humilité et de dévotion qu'elle mit en pratique durant des années, particulièrement au sein de l'Ordre des Templiers, mais qui ne pouvaient totalement juguler le fort caractère qui l'animait. Curieuse, acharnée, passionnée, parfois même colérique et brutale, la jeune femme finit inlassablement par laisser transparaître ce caractère de feu qui boue dans ses tripes.
Dans son rapport aux autres, la jeune femme peut parfois faire très bonne impression comme sembler tout à fait déstabilisante, en raison de ce caractère bien trempé et de ses changements d'humeur qui surviennent fréquemment. Elle peut sembler bien souvent maladroite ou brusque lorsque ses rapports sociaux sortent du cadre habituel d'une relation courtoise et détachée, ou dès l'instant où ses sentiments sont engagés. La manière la plus sûre et efficace qu'elle connaissent pour s'exprimer, celle qu'elle maîtrise et apprécie plus que tout passe par le fil de sa lame. Engagée en combat, la jeune femme se sent réellement capable d'extérioriser ses sentiments par un outil qu'elle a appris à maîtriser dès son enfance.

Arme(s) : Deux épées jumelles, d'environ 50 cm de lame, disposées de chaque coté de ses hanches ainsi que deux couteaux positionnés respectivement dans sa veste et sa botte droite. Elle possède également l'épée de croisade que lui a légué son père, lourde arme à deux mains dont elle prend soin sans pour autant s'en servir en combat.

Ce que vous avez sur vous : Vêtue la plupart du temps de son habit d'inquisiteur, elle peut cependant troquer cette tenue pour le moins voyante par des vêtements plus discrets mais toujours adaptés à son mode de vie oscillant entre voyages et combats. Elle porte toujours ses armes sur elle ainsi que l'épée de croisade de son père. L'Inquisition traitant relativement bien ses soldats, elle possède également une petite bourse qui lui permet de pallier aux dépenses de ses voyages. Mais peu habituée à posséder le moindre sou en poche, elle ne sait trop comment le gérer et oublie jusqu'à son existence, la plupart du temps.

Ce que vous savez des autres personnages : En général, le premier contact est radical : elle sent si elle apprécie ou non la personne par sa simple présence, mais il est vrai que son humeur changeante peut la rendre assez difficile à supporter.
Les créatures immortelles lui ont toujours été des ennemies, par sa position au sein de l'Ordre et encore aujourd'hui qu'elle fait partie de l'Inquisition. Mais il ne s'agit pas ici de haine viscérale ou d'un sentiment personnel de répugnance face à ces êtres. Ils se trouvent simplement de l'autre coté de sa lame, et doivent ainsi être combattus.

Histoire :


-Réminiscences-

Ils défilent en un tableau abstrait, de vert, de brun, avec ses zones d’ombres et ses pics colorés. Les branches me fouettent le visage tandis que je cours, encore, encore. Mes jambes ont bien l’habitude de s’étirer, pour galoper et sauter parmi les racines irrégulières de la forêt. Mes bras suivent le mouvement pour me pousser toujours plus vite, toujours plus loin. Ma mâchoire se resserre sur la proie que je sens s’échapper, sa fourrure chatouillant mes lèvres. A mes trousses, deux paires de bottes et un canasson hargneux hurlent de rage. J’ai pris un peu d’avance sur eux, mais je me demande si je pourrais semer cet équidé…
Voilà trois jours que je me nourris de baies, d’écorces, de poissons pêchés à la rivière. Mes dents retiennent le tout premier lapin que je suis arrivée à attraper, et je pensais bien m’en régaler ce soir !

J’avais douze ans.
Ce fut ma dernière fugue.

Mon père, Amsel Langley, était un homme de foi tout autant qu’un homme d’épée. Et pour compléter le tableau, un seigneur sur ses terres. Il connaissait nombre de personnes influentes et s’était fait des amis au sein de ceux qu’il appelait ‘Les grands de la foi’. Pourtant, il se vantait peu de ces connaissances, et m’interdisait d’en évoquer l’existence à qui que ce soit. Ce ne l’empêchait cependant pas de me conter un millier d’histoires concernant ces chasseurs du malin, guidés par la volonté divine. Il s’emportait en me narrant leurs exploits, et je voyais dans ses yeux une brûlante lueur admirative. Et comme il arrivait au terme de son récit, il posait sur moi un regard devenu froid et soupirait :
- Tu es mon fier fils, n’est-ce pas ? Tu es le fier fils Langley, Ein !

Et à moi, de lui répondre par la positive. Je suis le fils Langley. Et si je ne l’étais pas, je me prenais une raclée jusqu’à ce que je le devienne…

Je n’étais, au final, qu’une jeune fille élevée depuis toute petite au bâton, à l’épée, et aux enseignements divins. La figure maternelle disparut dès ma naissance. Ne restait plus que mon père et son projet fou de faire de moi ce que, par nature, je n’étais pas.
Mon esprit vagabond fut poussé à la réflexion, à la sagesse ;
Mon instinct naturel fut remplacé par les lois et l’ordre ;
Mon corps entier apprit à recevoir des coups et à les rendre.
Il avait fait venir plusieurs religieux au domaine, et chacun m’enseignait les préceptes du Seigneur. Mon père me combattait à l’épée, et je dois avouer que je ne présentais pas un grand talent de ce coté là. L’épée était trop lourde, mes jambes toujours trop fines, mes épaules trop étroites pour que je maintienne ma lame en bonne forme.

Telle fut ma vie, durant mes quinze premières années.
Mais il me semble déjà que j’oublie l’essentiel ; ne croyez pas que j’étais malheureuse. Jamais mon esprit n’a véritablement changé. Il m’a suffi d’apprendre à me montrer autrement. Et… J’en suis arrivée à aimer une chose que j’eus développée par moi-même : Fatiguée de cette lourde épée et de ces passes de titans, je m’entraînais de mon coté d’une toute autre manière. La première chose fut la vitesse. La course, la rapidité d’exécution. Puis ce fut l’habileté. Et enfin, je pouvais me mesurer à mon père, portant en chaque main une épée courte, ou parfois une dague. Ainsi, je pouvais me prendre des coups, je souriais toujours tant j’aimais me battre.

L’un de ses amis vint un jour lui rendre visite. Mon père me présenta, moi, son cher fils en qui il portait tant d’espoirs. L’homme portait à la ceinture une arme relativement semblable à celle de mon père, et sur son armure était porté un sceau que je me rappelais avoir déjà vu à plusieurs reprises. Il s’agissait d’un vieux templier qui, à la suite de blessures répétées, s’était retiré de sa condition guerrière pour se consacrer à la réflexion divine. Il accepta cependant de m’instruire et m’emmena le soir même. Ce fut la dernière fois que je vis le visage de mon père, et il porta sur moi les mêmes yeux rudes et sereins qu’à son habitude. Il déboucla la ceinture qui tenait son épée et me la noua autour de la taille. Aussitôt, je me sentis légèrement déséquilibrée par le poids de l’arme uniquement portée à mon coté gauche, mais n’en montra rien. Mon père venait de me faire le plus grand cadeau qu’il aurait pu m’offrir. Je le saluait d’un simple mot, sans embrassades ni étalement d’émotions, juste comme il avait souhaité me voir le faire.

Ainsi se poursuivit mon apprentissage sous les signes de la dureté et de la rigueur. Ces quelques années furent celles durant lesquelles je fut la plus docile ; rien ne servait de me montrer autre. Plus rapide était l’apprentissage, plus vite l'on me laisserait respirer une infime particule de liberté. Tout du moins ne serais-je pas constamment chaperonnée.
Veine pensée qui m'animait alors…
Mon maître d’arme fut surpris de voir de quelle façon j’avais appris à me battre dans la plus grande tradition, et à quel point j’étais mauvaise au maniement de l’épée longue. Il disait croire à une fermière séchant son linge en le faisant tournoyer dans tous les sens sans rien pouvoir maîtriser. Profondément vexée, particulièrement sur le fait d'avoir été traitée de femme par un être qui ignorait ma nature, je lui montrais alors ce qui, pour moi, signifiait combattre : vitesse, agilité, précision, légèreté. Voyant comme je m’investissais dans cet apprentissage, il décida de me conduire en ce sens, développant plus encore mes capacités, sans pour autant omettre les passes guerrières traditionnelles.
Nous étions toujours sur les routes, et en quelques jours à peine je ne reconnaissais plus rien des paysages de mon enfance. Szczecin était loin derrière nous, avec tout ce que j’avais laissé là-bas. Bientôt, je le pensais, nous quitterions bien aussi la Pologne elle-même.
Nous logions dans des monastères reculés ou auprès de communautés accueillantes. Beaucoup d’entre eux acceptaient de m’enseigner leur connaissance de la foi, et m’ouvraient leurs bibliothèques où reposaient des trésors manuscrits que je dévorais durant la nuit.

A 19 ans, on me donna le titre d’Initié. L'ami de mon père disparut pour laisser place à un véritable soldat de l'Ordre des Templiers, qui devint mon maître en toute chose. C'est en Sibérie que je découvrit William De Loveley, à la lueur d'une incroyable défaite essuyée par l'Ordre face aux Loups. Auprès de lui, j'ouvrais les yeux sur la grande communauté des soldats du seigneurs, que déjà je considérais comme ma véritable famille. Étrangement, c'est à son contact que s'effrita quelque peu la grande docilité avec laquelle j'avais vécu. Mon tempérament de feu se heurta à celui, tout aussi fort, de cet homme qui bientôt découvrit ma véritable nature. Combien de fois voulut-il me persuader de quitter l'Ordre, de me ranger… Une femme n'avait pas sa place parmi les Templiers. Mais rien n'y fit. Je vivrais et mourrais au sein de ma famille, que ce soit sous l'épée d'un ennemi ou bien d'un frère, si ma condition venait à être révélée. A ma grande surprise, William de Loveley garda pour lui le secret qu'il était seul à connaître… Alors que j'avais également en ma possession un lourd secret le concernant. En ses veines coulait, en faible quantité certes, le sang d'un créature à dents longues qui constituait tout ce que l'Ordre avait d'ennemi mortel. Ainsi se renforcèrent les liens entre le maître et l'initiée, liés dans le secret.

Mais bientôt, l'Initiée devint Soldat, Templier à part entière, et l'élève se sépara du maître. Je me sentais enfin faire partie intégrante de cette famille que j'avais tant souhaité rejoindre, regrettant toutefois l'absence de mon maître, durant les premiers mois. Mais je finis par m'y habituer, par me lier d'amitié avec quelques nouveaux templiers, … Les missions s'enchaînaient, les combats, les traques contre les créatures immortelles, … Tout semblait fonctionner pour le mieux et pourtant…

-Errances-


Pourtant des murmures glissaient sur les lèvres des frères. Des expressions contrites déformaient le visage des officiers. La famille connaissait un mal qui la rongeait lentement, mais sûrement. Je voyais des ombres menaçantes s'épaissir au dessus de nos têtes, et finalement, un jour, le tonnerre gronda. Et il gronda si fort qu'il abattit la forteresse des frères jurés, brisa la famille, éparpilla aux quatre coins du mondes les soldats du Seigneur. Et voilà que l'on détruisait, en simple château de carte, tout ce en quoi j'avais cru et ce pour quoi j'avais vécu. Je n'avais fait qu'effleurer du doigt la condition de Templier, et voilà que tout s'écroulait autour de moi. Il ne me restait qu'un arrière goût de cendres lorsque je quittais le village de Fervay, avec pour seules richesses mes armes, attachées à la selle de ma monture.

Monts et collines, forêts et plaines, vent, pluie, soleil de plomb. Rien ne parvenait à stopper mon avancée, ou plutôt le chemin sans but que j'empruntais. De villages en villages, j'offrais mes services pour débarrasser les environs de brigands ou réparer un toit détruit par l'orage… Mais au bout de quelques semaines je repartais inlassablement vers un objectif qui m'était entièrement abscons. Dans le Sud de la France, on finit par m'affubler du surnom de Silence, tant mes lèvres restaient scellées, incapables de prononcer la moindre parole. Ce nom me convenait. On n'ennuyait pas Silence de questions indiscrètes. On ne le lançait pas dans des discussions animées sur des sujets futiles. On lui fichait la paix, du moment qu'il aidait de ci de là, contre la nourriture et le coucher.

Puis je repartis, et ce fut l'Italie, Gêne, et lentement mes pas m'entraînèrent à Vérone. Ah, Vérone… Que de souvenirs. Nous étions un groupe soudé de frères jurés, lorsque nous nous étions emparés de l'étrange relique qui faisait l'objet de notre mission. Mais tout cela s'était soldé par un échec. Un échec sanglant. Pourtant la ville ne semblait pas se souvenir de moi. Elle accueilli l'arrivée de ce cavalier errant sans la moindre difficulté, et je vagabondais quelques semaines dans ses rues. J'aurais pensé partir plus tôt, moi qui généralement n'appréciait pas les villes. Mais la vie qui peuplait ses rues, les cris, la puanteur humaine avait commencé à me manquer, alors que je traversais des paysages inhabités durant des jours. Je ne me présentais plus, à présent, que sous le nom de Silence. Il était commode de ne pas avoir de noms dans ces parages. Et particulièrement de ne pas avoir de nom de famille, objet trahissant ma bonne naissance et éveillant la curiosité malvenue de certains.

La rencontre se fit au neuvième jour. Attablée dans une auberge pour mon repas du soir, je remarquais sans lever la tête un homme qui vint s'asseoir face à moi. On allait certainement me donner un travail… Le bouche-à-oreille fonctionnait plutôt bien en général. Je toussais quelques fois avant qu'il n'ouvre la bouche. Depuis plusieurs semaines déjà, cette toux ne me lâchait pas.

- Ben ça. Je ne pensais pas tomber sur toi. Ca fait quoi… Bien deux ans, qu'on s'est tous séparés, non?


Je cessais tout mouvement. Le son de sa voix ne me disait absolument rien. Mais il avait raison sur un point : cela faisait deux ans que j'avais perdu ma famille. Je relevais lentement la tête, alors qu'il poursuivait :

- On m'a parlé d'un nouveau venu, en ville. Assez étrange mais qui bosse bien. Un certain Silence. Bizarre comme nom, que t'as là, toit qui était pas le dernier à répondre avec audace dès qu'un officier sortait un truc qui te convenait pas. Tu t'es pas fait que des amis, tu sais!


Il partit en un rire nostalgique, qui se stoppa net lorsque son regard croisa le mien. Ma toux reprit quelque peu mais finit par se calmer. Nous restâmes ainsi à nous observer durant un long instant. Que voyait-il? Pour ma part, je me rappelais ses traits, sa barbe brune, ses cheveux grisonnants. Il avait vieilli, mon frère de l'Ordre. Mais quels habits! Il était paré mieux qu'il ne l'avais jamais été, d'une tunique blanche immaculée, presque neuve. Quant à moi, je devais avoir l'air d'un clochard, en cet instant… La crasse était devenue comme une seconde peau protectrice contre le vent et le froid. Mes cheveux avaient quelque peu poussés et je les coupais à grands coups de dague, de sorte qu'ils semblaient plus emmêlés que jamais. Et pour ce qui était de la parure… Je ne me rappelais pas de quand datait la dernière chemise relativement propre que j'avais porté. Mon ancien frère se racla la gorge et détourna les yeux.

- Toujours aussi imberbe, hein, gamin? Quoique, t'es plus tellement un gamin maintenant. Ça t'ennuie pas trop de pas pouvoir te faire pousser un beau machin comme ça?

Il lissa sa barbe brune d'un main fière, et je lui répondis d'un léger sourire courtois. Je ne parvenais pas à détacher mes yeux de lui… Il avait été mon frère. L'était-il toujours? Je ne trouvais pas de réponse.
Pourtant cette nuit-là, je le laissais m'emmener.

Florence.
Ils n'étaient pas très nombreux, mais ils étaient bien là, mes anciens frères. L’Inquisition avait fait d'eux de nouveaux soldats du Seigneur. La ferveur. La rigueur. L'ordre. Ils me parlèrent de l'organisation de ce groupe qu'ils avaient rejoints, et qui encore aujourd'hui continuait de s'étendre à travers le monde. Il n'agissaient plus cachés, comme l'avaient été les templiers. Ils se montraient à la vue et au su de tous, se sentant ainsi libérés du poids du secret. A les entendre, je souris intérieurement. Libérés du poids du secret… Pas pour moi. Mais qu'y avait-il de mieux à faire? Poursuivre mes errances? Et combien de temps auraient-elles durées? Un an, dix, vingt?
Le plus dur fut de prononcer officiellement les mots qui me faisaient renier l'Ordre des Templiers et jurer dévotion à l'Inquisition. L’Ordre n'était plus qu'un symbole, qu'une coquille vide déjà fracassée contre les rochers. Mais j'y tenais encore farouchement, à cette coquille vide. Il me fallut du temps. Et finalement, mes lèvres réussirent à prononcer les mots qui me lièrent à ce nouvel ordre. J'y retrouvais les lambeaux de ma famille, mes frères, et enfin, j'en ferais mon foyer.
Telle était ma volonté, lorsque l'on me parait de la tunique des Chevaliers Inquisiteurs.


Dernière édition par Ein Langley le Mer 28 Déc - 14:17, édité 2 fois
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Tornade Blanche - Fait peur aux grands méchants loups
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Compte principal : La Petite Fille

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Rôle: Petite fille

MessageSujet: Re: Silence... Ca tourne [Ein Langley]   Mer 28 Déc - 18:02

Personnage validé !

Le foyer que tu as retrouvé, Soeur silencieuse, est empli de serpents. A toi de trouver ta voie.
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Silence... Ca tourne [Ein Langley]

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